Comment enseigner la lecture autonome ?

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Après la lecture interactive, place à la lecture autonome ! La lecture autonome encourage les enfants à développer leurs compétences par une lecture individuelle d’histoires qu’ils ont eux-mêmes choisies ou choisies par l’enseignant. Elle intervient donc quand l’enfant maîtrise déjà les bases de la lecture et est en mesure de déchiffrer les mots sans aide. En classe, les séances de lecture autonome, ou lecture individuelle, renforcent l’apprentissage et favorisent l’autonomie de l’enfant. Mais comment les mettre en place ? Comment enseigner et encourager la lecture autonome ? Boucle d’Or revient sur les principes de la lecture autonome, ses avantages et les différentes stratégies d’application en classe

Qu’est-ce que la lecture autonome ?

On le sait, pour maîtriser une nouvelle compétence, rien de mieux que de s’entraîner encore et encore. Pour la lecture, c’est pareil ! Quand l’enfant apprend tout juste à lire, il doit s’entraîner et pratiquer régulièrement la lecture pour pouvoir progresser. En effet, la répétition et la pratique permettent à l’enfant d’améliorer la fluidité de sa lecture, d’enrichir son vocabulaire et de renforcer sa compréhension de texte. 

En classe, l’enseignant enseigne des stratégies de lecture. Si l’enfant ne les applique pas couramment, il y a peu de chances qu’il les assimile. Mais que faire quand les élèves ne lisent pas à la maison ? Comment les encourager à s’entraîner ? Pour cela, les enseignants peuvent mettre en place un programme de lecture autonome. Autrement dit, des temps de lecture individuelle en classe. Le plus souvent, ces temps de lecture durent 15 minutes, le matin, ou après la reprise du midi. 

Il faut toutefois préciser que la lecture autonome n’est pas une méthode de lecture à part entière. En aucun cas elle ne remplace un apprentissage de la lecture structuré et explicite. Le décodage des mots, le vocabulaire, la compréhension et la fluidité nécessitent chacun des interventions précises d’enseignement. La lecture autonome permet simplement de renforcer cet apprentissage et de transmettre aux élèves l’envie de lire.

Quels sont les avantages de la lecture autonome ?

Si la lecture autonome est utilisée par les professionnels de l’enseignement, c’est parce qu’elle compte de nombreux avantages. Elle facilite bien évidemment l’apprentissage de la lecture, mais améliore également sur le long terme les habilités acquises. Parmi les bienfaits de la lecture autonome, on peut citer : 

  • Donner le goût de lire aux enfants 
  • Enrichir le vocabulaire
  • Améliorer la fluidité 
  • Renforcer la compréhension de texte 
  • Améliorer la capacité de concentration 
  • Familiariser avec la lecture silencieuse 
  • Favoriser l’autonomie 
  • Instaurer (restaurer) le calme 

Alors, pourquoi s’en priver ?

Comment élaborer un programme de lecture autonome en classe ?

Pour mettre en place une séance quotidienne de lecture autonome en classe, il faut peu de ressources matérielles, mais cela demande organisation, pédagogie et stratégie. L’enseignant doit s’assurer que la lecture autonome est réalisée dans les bonnes conditions, notamment pour les enfants souffrants de retard du langage ou ayant des difficultés à lire

Voici plusieurs stratégies à mettre en place pour instaurer des lectures autonomes en classe, en cycle 2 :

La participation de l’enseignant

Qui dit lecteur autonome ne dit pas indépendance complète. L’enseignant est invité à participer pleinement à ces temps de lecture individuelle. Il peut, par exemple, constituer plusieurs petits groupes ; chaque élève du même groupe lit le même livre. Les élèves peuvent ensuite discuter entre eux de l’histoire, et l’enseignant intervient comme médiateur, en posant des questions aux élèves. 

L’enseignant doit également se tenir à son programme. La lecture autonome doit être quotidienne, tout à fait intégrée à la routine de l’enfant. L’objectif ? Créer une bonne habitude chez l’enfant et lui montrer que la lecture peut être une activité intéressante.

L’enseignement du bon comportement de lecture

Au cycle 2, les enfants ne sont pas tous assez matures pour savoir lire de façon autonome. Ou plutôt, pour adopter le bon comportement de lecture. Les enfants dissipés, ou avec des troubles de l’attention, auront du mal à rester concentrés plusieurs minutes. En tant qu’enseignant, vous devez donc transmettre les bonnes habitudes de lecture. 

Qu’est-ce qu’un bon comportement de lecture ? En classe, la lecture autonome doit se faire dans le calme. Les enfants doivent rester le plus silencieux possible. C’est là tout le défi ! En cycle 2, certains élèves ont encore besoin de lire à voix haute pour déchiffrer les mots. La lecture autonome encourage l’enfant à « lire dans sa tête », sans déranger son voisin. 

Avec la lecture autonome, la différenciation pédagogique est de mise. Si les élèves choisissent eux-mêmes leur livre, veillez à ce que celui-ci corresponde à l’âge et au niveau de son petit lecteur. Si vous choisissez vous-même le livre à lire, veillez à ce qu’il soit accessible à tous les niveaux de lecture et de concentration de la classe. Les élèves avec un trouble déficitaire de l’attention ne doivent pas se sentir délaissés ou inférieurs aux autres.

Le temps de la lecture autonome

L’Education nationale préconise des séances quotidiennes de 15 minutes. Ces séances peuvent durer 10 minutes au CP, lorsque les élèves ont encore du mal à se concentrer trop longtemps. Les lectures autonomes permettent également aux enfants d’avoir une meilleure notion du temps. L’enseignant peut par exemple mettre en place, sur son bureau, un sablier, qu’il retourne le nombre de fois nécessaire pour que l’enfant apprenne à gérer son temps. 

L’un des piliers fondamentaux de la lecture autonome réside dans sa répétition. La fréquence ne doit pas variée. L’enfant doit lire seul tous les jours, jusqu’à ce que certaines stratégies de codage et de décodage deviennent automatiques. 

Enfin, si la lecture autonome dure 15 minutes pour l’élève, elle prend beaucoup plus de temps pour l’enseignant. En effet, ce dernier doit élaborer différentes structures du programme de lecture autonome : choix des livres, organisation des sessions, collecte des ressources nécessaires.

La progression des élèves

La lecture autonome, c’est bien. Mais comment s’assurer qu’elle reste stimulante pour l’enfant ? Comment s’assurer que les élèves continuent de progresser ? Déployée sur l’année, la lecture autonome permet à l’enfant d’améliorer son endurance. Par endurance, on entend « la capacité de se concentrer et de lire de façon autonome sur une longue période ». Combien de temps l’enfant parvient-il à lire sans se distraire ou distraire les autres ? 

L’enseignant est bien évidemment là pour aider l’enfant à améliorer son endurance. Pour cela, il peut varier les séances de lecture et leurs objectifs. L’enfant peut lire pour soi, mais aussi pour les autres, ou bien écouter un autre faire la lecture. Pour ne pas se lasser, les enfants ont besoin de nouveautés ! 

L’enseignant doit également célébrer les petites victoires. Rien de tel pour encourager les élèves à progresser, et pour qu’ils se sentent fiers. L’idéal est donc de commencer par des séances de 5 minutes, en début d’année, et de fixer un objectif à l’ensemble de la classe : « En fin d’année, nous parviendrons à lire de façon autonome pendant 20 minutes ! ». Chaque palier passé sera vécu comme un succès par les élèves.

Les pauses mentales

Pour se concentrer longtemps, certains enfants ont besoin de faire des pauses mentales. C’est le cas, par exemple, des enfants souffrants de troubles de l’attention. Il est nécessaire de leur apprendre à faire des pauses. Une pause, au cours de la lecture autonome, ne consiste pas à parler avec son voisin, mais à s’arrêter de lire quelques instants pour laisser son esprit vagabonder sur l’histoire. 

Par ailleurs, il existe des astuces à transmettre aux élèves pour lire de façon autonome et intelligemment. L’une d’elles ? Demander au petit lecteur de faire une pause lorsqu’il ne parvient plus à visualiser et imaginer ce qu’il lit. Quand il ne parvient plus à imager le texte, alors il n’est plus assez concentré. Il doit alors s’arrêter et ramener son attention sur le récit.

Lecture autonome et auto-vérification

Qu’est-ce que l’auto-vérification ? L’auto-vérification est une méthode d’auto-évaluation qui permet à l’enfant de vérifier lui-même s’il comprend le texte qu’il lit. L’enseignant doit encourager les élèves à faire une pause de temps en temps pour définir leur niveau de concentration et de compréhension. 

L’enfant doit être en mesure de reconnaître les moments où il n’est plus apte à lire de façon concentrée. Parmi les signes annonciateurs :

  • Le petit lecteur oublie de lire un passage du texte (saute des lignes) ; 
  • Il lit plusieurs fois la même phrase ; 
  • Il pense à autre chose durant sa lecture ; 
  • Il ne parvient à imager mentalement ce qu’il lit ; 
  • Il ne retient pas les informations livrées sur les différents personnages ; 
  • Il ne trouve pas les réponses aux questions de clarification posées par son enseignant.

La difficulté du texte pour une lecture autonome

En lecture autonome, l’objectif n’est pas fixé sur l’interprétation, mais sur la concentration et la compréhension. Ainsi, le texte doit pouvoir être lu avec facilité par l’enfant. L’enseignant ne doit pas présenter le même texte que celui utilisé pour la lecture interactive ou la lecture guidée, par exemple. Le niveau sera évidemment moins élevé. 

La facilité du texte est importante, notamment en début d’année. Les enfants ont besoin de vivre la lecture autonome comme une petite victoire. L’objectif n’est donc pas de les décourager, mais de les aider à prendre confiance en eux afin d’améliorer leurs habilités. 

Les enfants qui ont des difficultés en lecture redoutent bien souvent ce moment. Ils ont même parfois du mal à choisir un texte de niveau approprié, ne souhaitant pas être « à la traîne », par rapport à leurs petits camarades. Le rôle de l’enseignant est d’intervenir spontanément pendant le temps de lecture afin de s’assurer que le texte est bien compris.

Les histoires lues en classe

Pour inciter les enfants à lire, l’enseignant doit mettre à leur disposition une grande variété de texte. Album, récit de fiction, BD, recueil de poésie, récit de non-fiction, magazines… La bibliothèque de la classe doit être la plus variée possible. Ne négligez pas les textes informatifs, comme les magazines à destination des enfants. En effet, cela montre à l’enfant que la maîtrise de la langue et de la lecture est nécessaire pour en savoir plus sur le monde et la société, et non pas seulement pour lire des histoires fictives. 

Pour proposer des textes qui plairont à tout le monde, l’enseignant peut réaliser des sondages au sein de la classe. Cela rend la lecture autonome participative ! Enfin, n’interdisez pas les élèves à lire des livres déjà lus en classe entière. Parfois, ce qui est familier est réconfortant, et n’est pas moins intéressant !

Un coin lecture dans la classe

La lecture autonome, oui, mais où ? Comment mettre en place ces séances de lecture individuelle ? Les enfants sont-ils autorisés à se déplacer ? Ou bien doivent-ils rester à leur place attitrée ? Tout dépend en réalité des libertés que peut se permettre l’enseignant. Est-il possible d’aménager un espace confortable, dédié à la lecture dans la classe ? Identifier un espace dédié à la lecture est un très bon point ! Le plus ? Autoriser les enfants à y retourner lors des récrées pluvieuses, ou lors des temps périscolaires. 

Si vous en avez le budget, n’hésitez pas à proposer un ou deux casques anti-bruit. Certains élèves ne parviennent pas à se concentrer s’ils ne sont pas dans le silence complet. Vous pouvez également mettre à disposition de la classe un Bookinou, notre conteuse d’histoires pour enfants. Elle permet d’écouter une histoire audio, avec ou sans casque, tout en suivant l’histoire sur le livre papier. Une jolie manière de lire de façon autonome, notamment pour les enfants en difficulté.

Le moment de lecture autonome idéale

Le choix du moment ne tient qu’à l’enseignant. Toutefois, pour bien le choisir, il faut prendre en compte plusieurs critères. Tout d’abord, veillez à ce que la classe soit disposée à évoluer dans le calme. La capacité d’attention des élèves est-elle suffisante ? Le plus souvent, ces moments de lecture autonome sont instaurés dès le matin, ou après la pause du midi. 

Assurez-vous de prévoir une activité de transition, avant et après le temps de lecture. En effet, certains enfants ont du mal à se mettre en conditions rapidement, et ont besoin qu’on les aide. Vous pouvez par exemple organiser 5 minutes d’exercices de respiration avant la lecture, et 5 minutes de débat après. 

Et voilà ! Un guide complet sur la lecture autonome, qui vous permettra de mettre en place des temps de lecture individuelle en classe. La lecture autonome est essentielle pour apprendre aux élèves à lire seul, et à auto-vérifier leur lecture. Un programme de lecture autonome est toujours le bienvenu en cycle 2, et peut se poursuivre au cycle 3 et même au collège. Les parents peuvent également mettre en place des temps de lecture autonome en famille pour poursuivre les efforts et développer les habilités acquises en classe.

Qui sommes nous ?

L’équipe Bookinou a à cœur le bien-être des enfants. Nous avons créé, rien que pour eux, un compagnon de lecture audio ludique et interactif. Enregistrez leurs histoires préférées avec votre voix puis customisez-les : vos petits pourront les écouter à l’infini ! Découvrez-en plus ici.

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