Divorce et garde alternée : comment gérer la coparentalité ?

Divorce et garde alternée : comment gérer la coparentalité ?
En France, chaque année, près de 130 000 couples divorcent. Cette épreuve douloureuse, mais parfois nécessaire, soulève des questions d’éducation quand elle survient dans un ménage avec enfants. La garde alternée peut être problématique, notamment pour les plus petits. Comment gérer la coparentalité et, surtout, comment préserver le lien affectif entre l’enfant et les deux parents ?

La garde partagée, une solution sans risque pour l’enfant ?

Lorsque les parents engagent une procédure de garde alternée, ils pensent souvent le faire pour le bien-être de leur enfant. Et, en effet, un enfant a besoin de ses deux parents afin de s’épanouir au sein d’une structure familiale stable. La loi du 4 mars 2002, relative à l’autorité parentale, instaure par ailleurs un droit commun et facilite l’application de la coparentalité. Oui, mais est-ce toujours la meilleure solution ?

Il faut savoir que, en présence des plus petits, notamment des nourrissons, la garde partagée est rarement conseillée. Lorsqu’ils font face à un tel déséquilibre familial, les enfants de moins de 3 ans sont davantage sujets aux désordres psychosomatiques (troubles du sommeil) que les plus grands. Le développement affectif du tout-petit est alors perturbé et cela peut avoir des répercussions sur sa santé mentale.

Si les parents ne peuvent pas supporter plus longtemps la vie maritale, alors il est primordial d’instaurer des alternances plus courtes pour les enfants de moins de 3 ans, voire au-delà. En effet, les bambins ont une capacité de mémoire moindre et s’ils ne voient pas leur Papa ou leur Maman pendant de trop longues périodes, ils devront passer par un processus de réadaptation à chaque nouvelle visite et risquent de perdre tout repère.

Chez les plus grands, la situation peut également être délicate. Si, pour vous, ce système vous paraît le plus juste, l’enfant peut quant à lui se sentir partagé et déchiré entre ses deux parents. Certains pensent avoir la responsabilité de satisfaire tout le monde et peuvent se sentir coupables de passer un peu plus de temps avec l’un que l’autre. Si vous sentez une certaine réticence de la part de votre enfant et constatez qu’il a endossé un rôle de médiateur, vous devez alors en discuter calmement avec lui et définir clairement la place et l’implication de chacun. Expliquez-lui la différence entre amour parental et amour conjugal.

Divorce : enfant qui se sent coupable

Comment surmonter le manque de son enfant ?

La garde alternée commence et, déjà, votre enfant vous manque quand il est chez votre ex-conjoint. Vous ne cessez de vous inquiéter, de vous demander comment il va et comment son Papa ou sa Maman s’occupe de lui en votre absence. Le manque et la sensation d’impuissance sont des sentiments naturels lors de cette étape. Comment les surmonter et gérer au mieux l’éloignement avec son enfant ?

La règle d’or est tout d’abord de s’occuper l’esprit. Face au manque, une seule solution est véritablement efficace : se divertir pour moins y penser. Cela peut paraître secondaire mais, lorsque vous ne vous changez pas les idées, vous risquez de broyer du noir et de projeter votre mal-être sur votre enfant, qui ne s’en sentira que plus coupable. De plus, vous n’êtes pas qu’un parent ; cela ne vous définit pas à part entière et il faut savoir se détacher parfois de ce statut.

Divorce : occupez vous l'esprit

Profitez de l’absence de vos petits pour sortir, inviter des amis ou faire des activités qui vous plaisent. Tout est bon pour vous empêcher de contacter à tout prix votre enfant. Car, oui, être trop présent dans la vie de son enfant alors qu’il est chez votre ex-époux/se n’est pas du tout recommandé. Vous devez respecter les temps de garde et ne pas vous montrer intrusive et invasive.

Le mieux est de répondre à la demande de l’enfant et de satisfaire son besoin. Certains enfants réclameront des appels réguliers au parent absent, d’autres préféreront couper contact tout au long de chaque alternance. N’oubliez pas que vos enfants essaient également de gérer la situation au mieux et que chacun le fait à sa manière.

Comment faciliter la coparentalité ?

La résidence alternée demande beaucoup d’énergie et de capacités d’adaptation à l’enfant, qui doit sans cesse faire des allers-retours entre Papa et Maman. La charge émotionnelle de ce mode de vie est importante et est par ailleurs alourdie par l’aspect matériel. Préparer une valise sans même réellement la défaire, oublier des affaires chez l’un quand il est chez l’autre, changer constamment de trajet jusqu’à l’école ; votre enfant peut vite être surmené

Comment faciliter la coparentalité ?

Pour faciliter la garde partagée, il est toujours plus pratique que les parents habitent à proximité l’un de l’autre. Cela n’est évidemment pas toujours réalisable mais il faut le voir comme un sacrifice à faire pour le bien-être de l’enfant, jusqu’à ce qu’il soit en âge de supporter le rythme plus facilement.

Il faut également savoir prendre sur vous et être capable de collaborer avec votre ex-conjoint. Les parents divorcés font souvent l’erreur de transformer leur enfant en messager, le mêlant ainsi à des affaires d’adultes et l’exposant à leur rivalité. Votre petit n’est pas un pigeon voyageur : apprenez à communiquer directement avec l’autre.

Accepter que son conjoint refasse sa vie

De même, il est inutile et assez malsain d’espionner l’autre à travers les yeux de l’enfant. Ne lui posez pas de questions indiscrètes sur son père ou sa mère. Cela est surtout le cas pour les familles recomposées ; acceptez que votre ex-conjoint refasse sa vie avec un/e autre et n’enquêtez pas sur son nouveau cercle privé.

Comment préserver le lien affectif avec l’enfant ?

À la suite d’un divorce, il est essentiel de recréer une cellule familiale. Beaucoup de choses vont changer, pour vous comme pour vos enfants. Afin que ces derniers vivent ce drame familial le mieux possible, vous devez les rassurer en préservant le lien affectif qui vous unit.

L’enfant a souvent un territoire fixe (plus couramment celui dans lequel il a grandi) et un territoire transitoire. Il est certes difficile de voir que son enfant ne se sent pas tout à fait « comme chez soi » sous votre toit mais il ne faut surtout pas vous braquer ou prévoir des stratégies mesquines (médisances sur l’autre parent, chantage, cadeaux à outrance, etc) pour y remédier. Si votre enfant manifeste une préférence, prenez le temps d’en discuter avec lui et d’être à l’écoute. Ensemble, vous pourrez trouver des solutions et le lien entre vous n’en sera que plus fort.

Les enfants doivent également maintenir une relation personnelle régulière avec chacun de leurs parents. Attention à ne pas plonger dans l’exclusion parentale ; si cela ne vous empêche pas d’éduquer vos enfants comme vous le souhaitez quand ils sont chez vous, cela bannit toute tentative de décrédibiliser l’autorité de l’autre. A force de jouer à ce jeu, vous risquez d’en oublier votre bienveillance et entacher le lien entre vous et vos enfants. Comme le sous-entend la coparentalité, la garde alternée consiste à partager l’autorité et le droit d’éduquer, et non de les entraver.

comment préserver le lien affectif avec l'enfant

Enfin, pour conclure cet article, voici une motto à retenir : ce qui compte, ce n’est pas la quantité mais la qualité des moments passés ensemble. Au lieu de compter le nombre d’heures et de vous assurer qu’il soit bien égal, organisez des activités et des petits instants inoubliables avec vos enfants. Ils ne vous en seront que reconnaissants !

L' équipe Bookinou

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