L’éducation positive et bienveillante : le tour de la question

L'éducation positive et bienveillante : le tour de la question
Vous n’avez certainement pas pu y échapper : l’éducation positive et bienveillante est tant plébiscitée qu’elle en devient presque un dogme. Affiches publicitaires, blogs, articles, livres et manuels, écoles spécialisées et ateliers… Aujourd’hui, être un parent bienveillant semble être le meilleur modèle pédagogique. En quoi cela consiste-t-il ? Comment appliquer l’éducation positive ? Quelles en sont les limites ?

Pourquoi adopter une éducation positive avec ses enfants ?

L’éducation positive et bienveillante est aujourd’hui considérée comme le modèle éducatif le plus recommandé. De plus en plus de parents s’acquièrent de manuels pédagogiques et parcourent les blogs et forums pour partager leur expérience. Pourquoi un tel engouement ?

L’éducation positive souhaite répondre aux problèmes d’une éducation jugée autoritaire et âgiste (discriminatoire envers les moins âgés). Elle se base donc sur la Communication Non Violente (CNV), élaborée par le psychologue Marshall B. Rosenberg, dans les années 70. La CNV est un outil communicatif qui prône un dialogue harmonieux et une coopération entre les individus afin de respecter et comprendre les besoins de l’autre et de soi. La résolution des conflits passe donc par l’écoute active et la parole bienveillante : on observe plus qu’on ne juge, on propose des solutions plus qu’on ne donne des ordres.

Pourquoi adopter une éducation positive avec ses enfants ?
Pourquoi adopter une éducation positive avec ses enfants ?
L’éducation positive associe cette forme de communication aux nouvelles découvertes des neurosciences. Comme l’explique la pédiatre Catherine Gueguen dans son livre Pour une enfance heureuse, l’environnement, l’entourage et le cadre de vie de l’enfant agit sur son cerveau. Pour le bon développement de l’enfant, il est donc nécessaire de se montrer à l’écoute, disponible et compréhensif. Plus l’enfant est stressé, plus il sécrète du cortisol, une hormone qui, en trop grande quantité, a des effets néfastes sur les fonctions cognitives du petit.

Les partisans de l’éducation positive sont donc formels : se montrer bienveillant avec son enfant favorise son développement et épanouissement. Ce modèle pédagogique, qui s’inspire donc d’une philosophie humaniste, voire hindouiste, serait donc l’eldorado de l’éducation et de la relation parents-enfants.

Comment appliquer l’éducation positive ?

L’éducation positive suit ce que Catherine Gueguen appelle le « maternage » : le parent doit être à l’écoute, prendre soin, rassurer et consoler. En somme, l’adulte est présent pour l’enfant et lui montre quotidiennement son amour. Cela se caractérise notamment par une relation de confiance et de complicité : l’enfant doit pouvoir se confier librement à son père et/ou sa mère.

En outre, si l’éducation positive repose également sur le principe de permissivité, cela ne signifie pas que l’enfant est roi et que les parents doivent tout lui passer. Il s’agit d’apprendre à naviguer justement entre ces nuances et exercer son autorité tout en respectant les besoins et l’apprentissage de l’enfant.

Comment appliquer l'éducation positive ?

Voici quelques principes à adopter si vous souhaitez devenir un parent positif et bienveillant :

  • Prendre soin de soi : Pour que l’éducation positive soit efficace, il faut qu’elle devienne un véritable état d’esprit. Vous ne pouvez pas vous montrer bienveillant envers votre enfant si vous ne l’êtes pas envers vous-mêmes. Prenez du temps pour vous, reposez-vous et soyez indulgent afin de diffuser de bonnes ondes et influencer positivement votre entourage. 
  • Inviter l’enfant à se confier : Pour que la communication non violente soit réussie, il est nécessaire que votre enfant se livre à vous et que vous l’écoutiez sans le juger. Il ne s’agit pas de minimiser sa peine mais de comprendre ses émotions, mettre les mots justes dessus et trouver des solutions ensemble pour y remédier. Selon l’éducation positive, le caprice n’existe pas. Lorsqu’un enfant fait une crise, il manifeste et communique un besoin. Vous devez donc être disponible et compréhensif pour pouvoir le satisfaire.
  • Ne pas avoir recourt aux négations : L’éducation positive encourage l’estime de soi de l’enfant. Pour cela, le parent ne doit pas utiliser de négation, d’adjectifs négatifs ou de comparaisons vexantes et dégradantes. Il faut se montrer bienveillant jusque dans sa formulation et cela vaut aussi pour les directives données : dîtes ce que l’enfant doit faire plutôt que ce qu’il ne doit pas faire. Au lieu de lui ordonner « Ne jette pas tes vêtements par terre ! », essayez de lui dire « Il faut que tu plies et ranges tes vêtements dans ton placard. » 
  • Expliquer pour responsabiliser l’enfant : Un ordre tout simple et tout bête ne favorise pas l’apprentissage de l’enfant. Pour qu’il apprenne quelque chose d’une directive ou d’une consigne, il est nécessaire de lui expliquer pourquoi vous la lui donnez et pourquoi cela est bénéfique pour lui, même s’il n’en a pas l’impression. 
  • Anticiper les situations : Pour ne pas créer de stress et que tout se déroule dans le calme, il faut que le parent organise et anticipe les situations. Par exemple, avant l’heure de bain, vous pouvez prévenir votre enfant qu’il a le droit de jouer encore 15 minutes et qu’ensuite ce sera l’heure du bain. Votre quotidien en sera plus facile ! 
  • Veiller à son comportement : Les enfants apprennent beaucoup grâce au processus d’imitation. Ils aiment faire tout comme les grands. Veillez donc à ce que vous faîtes et dites en leur présence. 
  • Ne pas se montrer trop exigeant :  Il ne s’agit pas d’être laxiste mais de prendre du recul sur certaines choses. Les enfants ont besoin de découvrir leur environnement pour bien grandir, et cela passe donc par l’expérience. Il est inutile de tout lui interdire ou de lui opposer des futilités. Lâchez prise sur certaines choses afin de ne pas mettre tout le monde à cran.

Ces quelques conseils, grands principes de l’éducation positive, gravitent tous autour de la compréhension de l’enfant. C’est pourquoi il est recommandé aux parents de se renseigner sur le fonctionnement affectif et social des enfants, afin de comprendre davantage leurs émotions, leurs réactions et leurs différentes manières de communiquer avec l’adulte.

Quelles sont les limites de l’éducation positive ?

Si l’éducation positive et bienveillante compte de nombreux adeptes, elle rencontre évidemment beaucoup de détracteurs. Comme tout concept, ce modèle pédagogique a des limites, voire des méfaits. Et si certains partisans vantent ses qualités quasi-parfaites, d’autres y voient davantage de défauts.

Quelles sont les limites de l'éducation positive ?

Tout d’abord, les discours sur l’éducation positive semblent parfois irréalistes et édulcorés. Certains parents qui en ont fait l’expérience reviennent sur leurs pas, déçus et désenchantés. En effet, dans les manuels, les livres et les blogs, le modèle parental représenté est souvent le même : un couple à charge d’un enfant unique. L’éducation positive est-elle applicable aux familles nombreuses ou monoparentales ? Ne s’agit-il pas d’une vision utopique et irréalisable ?

Ces questions soulèvent un autre problème : la culpabilité des parents. Comme nous l’avons vu, les conseils donnés aux parents sont en soi assez simples et clairs. Pourtant, leur application est bien plus compliquée et demande énormément d’efforts, d’énergie, de courage et de temps. L’enfant est placé au centre de cette philosophie : le parent doit veiller à comprendre ses émotions, satisfaire ses besoins et ne pas provoquer chez lui une décharge trop élevée de cortisol au risque d’être responsable de sa mauvaise humeur. L’éducation positive peut donc être culpabilisante : toutes ces responsabilités pèsent sur les épaules des parents et les amènent à perdre confiance en leur capacité à éduquer un enfant.

En outre, certains parents reprochent à l’éducation positive sa superficialité. En souhaitant tenir les principes avec rigueur, la relation parents-enfant perd de son naturel et de sa spontanéité. Le parent est toujours dans la retenue et le contrôle de ses émotions afin de ne pas perturber l’enfant, si bien qu’il intériorise sans pouvoir réellement interagir. L’éducation bienveillante mettrait donc en scène un partage et une complicité factices qui gravitent autour de l’enfant et oublient le parent.

Quelles sont les limites de l'éducation positive ?

Enfin, l’une des critiques adressées à cette pédagogie est l’influence commerciale. Les opposants dénoncent le marketing qui se cache derrière cette éducation bien-pensante. Selon eux, l’éducation positive est davantage un produit que l’on vend aux parents en profitant de leur détresse et de leurs incertitudes. Dans les discours de l’éducation positive, on discerne une certaine urgence que l’on meuble à l’aide d’arguments scientifiques afin de convaincre les parents qu’il faut « agir vite et bien ». L’éducation positive est omniprésente sur le marché lié à la puériculture et il est donc légitime de se demander s’il s’agit d’une réelle pédagogie ou d’une simple tendance de consommateurs.

Quoiqu’il en soit, le choix est le vôtre et il vous appartient d’adopter la pédagogie qui vous ressemble le plus et qui correspond à votre famille. Chaque foyer est différent, de par l’histoire, l’expérience, l’environnement et les personnalités, et donc nécessite un mode de fonctionnement unique et adapté. L’éducation positive est donc qu’une option dans le vaste champ de la pédagogie et si elle vous semble être la meilleure, rien ne vous empêche de l’essayer, sans pour autant tomber dans les extrêmes.

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